Chronique : Atlantis - David Gibbins

Encore un “Code-Da-Vinci-like” diront certains. Il est vrai que le Code Da Vinci a mis en avant un type de roman qui existait déjà depuis longtemps, et auquel Dan Brown n’a pas apporté grand chose. En dehors des sujets de prédilection que sont le Graal, la quête d’hypothétiques artéfacts christiques (La lance de Longinus, le suaire…), la recherche de villes mythiques (Ys, Avalon…) ou encore la recherche d’anciennes reliques anciennes (Excalibur, l’Arche d’alliance…), le grand thème de ce type de roman est souvent l’Atlantide. Et celui-ci n’échappe pas à la règle, et annonce la couleur avec son titre.

On pourrait presque remplacer le personnage principal, Jack Howard par Dirk Pitt, et l’UMI par la NUMA, et on obtiendrait presque un roman de Clive Cussler. Presque. Ha mais oui, M. Cussler a déjà écrit son roman thriller sur l’Atlantide… David Gibbins est professeur à Cambridge, docteur en archéologie, et cela se sent dans le texte. Les références historiques sont nombreuses, suffisamment détaillés pour intéresser le lecteur mais pas trop pour ne pas le faire fuir. L’appendice en fin d’ouvrage reprenant justement les principaux éléments historiques est un plus réellement apprécié. Tout est dans les détails disait l’autre. L’ensemble du roman précise les détails et ne fait pas dans l’à peu près (descriptions des armes et de leurs munitions par exemple).

Le roman donne un peu l’impression de lire un texte écrit à quatre mains par Clive Cussler et Tom Clancy. On y retrouve donc la quête de l’Atlantide, moult références historiques et archéologiques (façon Cussler), des descriptifs de bateaux et des éléments de navigation (toujours façon Cussler), la mise en œuvre de nouvelles technologies (façon Clancy), un contexte géopolitique explosif (façon Clancy), des méchants criminels-terroristes suréquipés (toujours façon Clancy), un vieux sous-marin nucléaire russe intact, avec des vrais morceaux d’ogives nucléaires, recherché par le méchant terroriste amateur d’art… Et pour ne pas échapper aux clichés, il y a même une histoire d’amour…

Le roman se veut à la fois docu-fiction historique et thriller moderne de géopolitique. Ça reste quand même caricatural. Le méchant est caricatural. Le gentil est tellement gentil et caricaturé qu’on se demande qu’est ce qu’il ne sait pas faire (il pilote des bateaux, des hélicoptères, des sous-marins, sait se servir d’armes à feu…) et son métier est archéologue. (Qui a dit Indiana Jones ?) La première partie du roman m’a bien emmené (à la recherche d’Atlantis) et la seconde m’a un peu saoulé (à la poursuite du grand méchant terroriste). L’ensemble du roman est cependant bien construit, et il y a peu de longueurs. Une fois commencée, on a vraiment envie de connaitre les théories de l’auteur jusqu’au bout.

Ne soyons pas complètement négatif. A mon sens, son principal défaut et de mélanger les deux genres de façon trop abrupte. En ce cas, je préfère encore un roman de Daniel Easterman et cela ne vaudra pas “Le pendule de Foucault” d’Umberto Eco. Ceci étant dit, cela reste un roman qui se lit bien et dans la mesure où l’essentiel des informations données dans le roman sont véridiques, il amène à se poser plein de questions. D’autant plus que les théories proposées sont originales. Une dernière chose qui donnera peut-être envie de lire ce roman. C’est qu’il s’agit du premier roman de David Gibbins, et que sa spécialité est les civilisations disparues.

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Commentaires

Merci pour cette nouvelle chronique, mon cher CDW.
Je me demande du coup dans quelle catégorie la référencer. “Docu-fiction historique & thriller moderne de géopolitique” ça v a pas trop comme intitulé de catégorie, non ?
;-)

Tout simplement “Thriller” peut-être ? Dans quel catégorie sont classé les romans de Clive Cussler ?

Charles Dexter Ward

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